Alicaments : vraie utilité ou vaste opération commerciale?
On a vu ces dernières années la création d’un grand nombre de produits alimentaires censés nous maintenir en bonne santé ou encore nous procurer du bien être de par leurs vertus médicales. On peut citer, par exemple, le yaourt qui prend soin de la peau en l’hydratant, les produits laitiers ou les matières grasses qui permettent de réguler le taux de cholestérol, ou encore le lait qui permet un sommeil serein…
Toute la problématique repose sur ce lien qui existerait entre l’aliment et une amélioration de la santé, dont se targuent les publicitaires pour vendre ces produits alimentaires. En effet les protocoles d’expérimentation permettant de justifier le « bénéfice santé » utilisés par les industries agroalimentaires restent flous. Ce « bénéfice santé » est donc souvent remis en cause, comme dans une récente étude de l’UFC Que Choisir qui expose sans équivoque ses doutes sur les capacités du yaourt Danone à hydrater la peau. Pourtant, il existe une législation européenne, produite par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), pour limiter les abus des publicitaires quand aux allégations « santé » pour mettre en avant des produits. Cet organisme a pour charge de contrôler les éléments scientifiques qui prouvent le « bénéfice santé » attribué aux produits par les industriels de l’agroalimentaire. Cependant, comme le met en évidence l’UFC Que Choisir des dérives subsistent.
Pour amplifier leur impact, et d’une certaine manière contourner l’EFSA, les poids lourds de l’agroalimentaire n’hésitent pas à soutenir financièrement des organismes de santé de renom. Ainsi, pour la deuxième année consécutive, Danone soutient l’institut Pasteur et a créé un site internet pour le mettre en avant. On peut y voir expliqué que Danone et l’Institut Pasteur sont des partenaires depuis 1919 sur la base d’éléments assez faibles (ex : en 1929 Daniel Carasso fait un stage de bactériologie à l’Institut Pasteur…). Ce site fait la promotion d’Actimel sur la base du soutien à l’Institut Pasteur, ce qui fini par brouiller définitivement les pistes entre l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique.
De son coté, l’industrie pharmaceutique ne veut pas voir cette opportunité de marché emportée par les seuls acteurs de l’agroalimentaire et entre dans le jeu. Pour exemple, en septembre 2008, Sanofi-Aventis à racheté Symbion, le leader australien des « nutricaments », spécialiste des vitamines et des compléments minéraux. Ainsi le marché des alicaments, ou nutricaments, à la jonction des spécificités de l’industrie alimentaire et de l’industrie pharmaceutique se voit investit par deux géants de l’économie mondiale. On peut supposer que la taille des rayons proposant ce type de produits dans nos supermarchés n’est pas près de s’arrêter de grandir. Cependant cela ne pourra se faire sans une vraie légitimation de ces produits au niveau scientifique, ce qui représente encore une longue route à parcourir.
janvier 19th, 2010Topic: Les grandes polémiques Tags: Actimel, alicaments, alimentaire, alimentaires, Danone, industrie agroalimentaire, industrie pharmaceutique, Institut Pasteur, nutricament, nutricaments, produit laitier, produits laitiers, publicitaire, publicite, Sanofi-Aventis, sante, supemarches, supermarche, Symbion, yaourt

mars 1st, 2010 at 2 h 06 min
tres interessant, merci